vendredi 1 février 2019

Luttes

Gilets de toutes les couleurs

Unissons-nous !



Après trois mois de révolte des gilets jaunes, l’appel à la grève pour le 5 février doit être l’occasion de tisser plus de solidarité entre Gilets jaunes et Gilets rouges, roses, verts ou autres, et d’augmenter la pression sur Macron et les patrons pour nos revendications de justice sociale, d’égalité et démocratie.

Depuis 35 ans et le tournant libéral du premier gouvernement Mitterrand, ce sont les mêmes politiques antisociales et libérales qui sont appliquées par la droite comme par la gauche. Comme Macron, Le Pen se prétend ni de droite ni de gauche, formule séduisante mais mensongère : il et elle sont bien à droite tous les deux ! Tous deux sont contre l’augmentation du SMIC ! Emplois précaires, temps partiel, horaires délirants, ubérisation, auto-exploitation sont le lot de celles et ceux qui bossent dur mais qui restent pauvres. Il suffit d’ajouter à ça la destruction des services publics et les cadeaux fiscaux fait aux plus riches pour que la colère sociale s’enflamme !

Généralement, ce sont les syndicats de lutte qui organisent le combat. Mais, affaiblis par une succession d’échecs, ils peinent à mobiliser dans les entreprises où les syndicats de collaboration gagnent du terrain. Résultat : de façon inédite la révolte sociale s’est déplacée hors de l’entreprise, et a surgi sur les ronds-points.

Impôts et cotisations sociales


En se mêlant au tout début aux gilets jaunes, les petits patrons ont tenté de mélanger la question des impôts et taxes avec la question des cotisations sociales. Il faut être clair là-dessus : ça n’a rien à voir.

Les cotisations sociales sont une part de notre salaire mis en commun pour protéger les salarié·es des aléas de la vie : maladie, chômage, vieillesse... Plus nos salaires augmentent, plus de cotisations financent nos protections sociales. Donc pas touche aux cotisations sociales, au contraire !

Quant aux impôts, on en a besoin pour financer les écoles, les routes, les hôpitaux… Le vrai problème est leur répartition injuste : les patrons, même les petits, sont les premiers à tricher en jouant avec la TVA et la dissimulation de recettes. Pour les plus gros, c’est la fraude fiscale massive et les paradis fiscaux. Quant à la TVA sur les biens de consommation, qui rapporte tant à l’État, c’est aussi l’impôt le plus injuste puisque, riche ou pauvre, on paye exactement le même impôt pour l’achat d’une baguette. Même les SDF paient cet impôt !

Répression : les capitalistes tremblent


Les violences policières sont à la hauteur de la peur des patrons et des rentiers. Alors que les inégalités entre travailleurs·ses et capitalistes n’ont jamais été aussi grandes, les riches se battront bec et ongles pour intensifier l’exploitation, démolir des services publics, ouvrir toujours plus les marchés aux intérêts privés, y compris l’école et la santé. C’est pourquoi il faut renforcer la mobilisation pour désarmer les flics, refuser la nouvelle loi « anti-casseurs » et obtenir une amnistie générale pour les manifestant·es condamné·es.

Mais la meilleure défense c’est encore l’attaque. C’est pourquoi, à partir du 5 février il faut conjuguer toutes les énergies, par-delà les divergences, pour bloquer le pays et faire plier Macron. Grève et blocage sont complémentaires comme la couleur de nos gilets car, quelle que soit leur couleur sur les ronds-points ou dans les entreprises, ils sont sur les épaules de travailleuses et de travailleurs révoltés !

Alternative Libertaire, 31 janvier 2019

mercredi 30 janvier 2019

Droit à la ville

Grande Marche Pour Le Logement 

Et Le Droit À La Ville - Acte 2


Samedi 2 Février 2019

14h au Cours Julien Marseille 6°


Depuis le drame du 5 novembre 2018, la Marseille vivante et populaire s’est mobilisée et s’est montrée d’une solidarité exemplaire. Depuis, plus de 2000 personnes ont été délogé·es, payant ainsi l’inaction des pouvoirs publics dans la lutte contre le logement indigne. Aucune solution sérieuse et pérenne n’a été trouvée par les pouvoirs publics tandis que les citoyen·nes portent une proposition de charte de relogement qui vise à exiger le respect de leurs droits intangibles à un logement digne pour tou·tes. Depuis des décennies, nous connaissons cette situation de catastrophe sociale et politique : écoles délabrées, logements indignes, manque de services publics, absence d’espaces verts et publics, abandon de la lecture publique et des bibliothèques. Ce sont les plus précaires qui en paient le prix fort mais également l’ensemble de la ville, alors que les moyens et les solutions existent. 33 000 logements sont officiellement vacants et des milliers d’entre eux pourraient être réquisitionnés. Depuis des années, des collectifs d’habitant·es se mobilisent, ainsi que de nombreuses associations, syndicats et citoyen·nes. Il faut qu’un nouveau 5 novembre ne puisse jamais se reproduire et que Marseille soit enfin faite par et pour ses habitant·es.

Parce que nous refusons cette situation, nous appelons tou·tes les marseillais·es et nos ami·es solidaires d’ici et d’ailleurs à une

Grande marche en soutien aux délogé·es actuel·les et futur·es
Pour un logement sûr, sain et digne pour tou·tes et le droit à la ville
Pour obtenir Vérité et justice pour les victimes de Noailles


A l’appel de l’Assemblée des délogé·es du 12 janvier,
Des collectifs d’habitant·es réuni·es en Assemblée le 19 janvier,

Premiers signataires :
Association culturelle de la Busserine, Assemblée de la Plaine, Associations de locataires Picon - Busserine - St Barthélémy, Associations des usagers des bibliothèques de Marseille, Centre-Ville Pour Tous, Collectif contre la loi asile et immigration, Collectif de Maison Blanche, Collectif des Bourellys, Collectif des habitants du Petit Séminaire, Collectif des musulmans du 13/14, Collectif du 5 novembre – Noailles en colère, Collectif du Plan d’Aou, Collectif "les catalans", Coordination Pas Sans Nous 13, DAL 13, Emmaüs, FSU13, FUIQP 13, Groupe de veille Picon - Busserine – Le Mail, Il fait bon vivre dans ma cité (Air Bel), LDH Marseille, Média2 Méditerranée / Marseille Plein Nord, RESF13, Salarié·es de McDo St Barthélémy, Solidaires 13, SUD éducation 13, Syndicat des Quartiers Populaires de Marseille, UL CGT Centre-Ville ...



mercredi 12 décembre 2018

Communiqué

Macron balance des miettes



Le 10 décembre, Macron a pris la parole dans son palais, devant son grand bureau de bois verni et doré. Son objectif était d’éteindre la colère sociale qui bouillonne dans la rue depuis quatre semaines. Mais le président des patrons n’est pas prêt à lâcher et il va falloir encore augmenter la pression, par la grève et les blocages, pour qu’il finisse par plier.

Les annonces faites par Macron étaient destinées à calmer la mobilisation mais ça ne suffira pas. Ce n’est pas en lançant quelques miettes et en essayant d’enfumer la population qu’il poussera les Gilets jaunes à rentrer chez eux et chez elles.

La première annonce, c’est l’augmentation du Smic. Ou plutôt c’est comme ça qu’il a voulu la présenter. Parce qu’en réalité, il n’y aura pas d’augmentation d e salaires. Il n’y aura qu’une augmentation de la prime d’activité que touchent certain-es des salarié-es au Smic. Et encore, cette augmentation intègre les augmentations de la prime d’activité qui avaient déjà été annoncées pour 2020 et 2021. La raison de cet enfumage, c’est que Macron ne veut surtout pas réduire les profits des patrons ni rogner sur la fortune des riches. C’est pour ça que cette petite augmentation ne sera pas payée par les patrons mais par les dépenses publiques, en augmentant les impôts ailleurs (mais surtout pas sur la fortune, ça serait trop injuste pour les riches : c’est dur d’être riche) ou en détruisant encore plus les services publics.

Sarkozysme recyclé

Deuxième mesure annoncée : la défiscalisation des heures supplémentaires. Alors là c’est quand même fantastique : pour essayer de calmer la colère, Macron recycle un « cadeau » de Sarkozy. Et c’est bien sûr un cadeau à double tranchant parce que ça revient à inciter à bosser encore plus et ça conduit les patrons à embaucher encore moins. La vraie solution, ce serait la baisse du temps travail sans diminution de salaire.

Enfin, Macron annonce une suppression de la hausse de la CSG pour les plus petites retraites. Mais il ne rend pas l’argent déjà volé en 2018. Et c’est une mesure qui va sans doute elle aussi devoir être financée par des augmentations de taxes ailleurs ou par de nouvelles suppressions de postes.

Bref, rien sur l’ISF, rien sur les augmentations de salaires, rien sur le temps de travail, rien sur les services publics, rien sur l’âge de départ à la retraite ou la revalorisation des pensions.

Les patrons et les riches peuvent continuer à dormir tranquilles, Macron prend bien soin d’eux.

En tout cas, même s’il continue à se mépriser les travailleurs et travailleuses en lutte, ces nouvelles annonces montrent que Macron a des sueurs froides et que le pouvoir tremble. C’est le moment de passer à l’échelle supérieure en amplifiant la mobilisation par le blocage de l’économie et par la grève.

Alternative libertaire, le 11 décembre 2018

mardi 4 décembre 2018

Luttes sociales


Gilets jaunes :

Qui sème la misère récolte la colère




Un peu partout en France, la même colère, la même détermination et la même volonté de ne pas se laisser faire. Partout, des cortèges sauvages qui défient l’encadrement policier. Partout, des manifestantes et manifestants qui expriment leur rage face à la répression.


Au Puy-en-Velay (43), la violence policière a surchauffé une foule de plusieurs milliers de personnes qui a fini par s’en prendre à la préfecture.

À Paris, le verrouillage des Champs-Élysées par la police a provoqué une dispersion des gilets jaunes dans l’ensemble des quartiers bourgeois de la capitale qui ont été littéralement pris d’assaut.

Les forces de répression ont eu beau utiliser les grands moyens (rideaux de gaz lacrymogènes, canon à eau, grenades), les travailleurs et travailleuses en colère ont bien montré que la rue leur appartenait : boulevard Haussmann, aux Tuileries, rue de Rivoli, place Vendôme, des gilets jaunes parcouraient la chaussée, narguaient la police et s’attaquaient parfois aux symboles du pouvoir et de la richesse. C’est ainsi que des vitrines de grands magasins de luxe ont été brisées tandis que des groupes essayaient de s’en prendre à la Bourse.

À Martigues (13) ou à Vichy (03), les gilets jaunes et les syndicalistes ont défilé ensemble, dans une belle solidarité de classe, mais dans trop de villes, on peut regretter que les organisations syndicales combatives n’aient pas encore été visibles et n’aient pas davantage tendu la main aux gilets jaunes.

C’est pourtant l’une des étapes essentielles vers la victoire : il faut que les syndicats combatifs, qui organisent vraiment la résistance face aux patrons dans les entreprises, se mettent aux côtés des gilets jaunes face à un gouvernement méprisant, qui multiplie les cadeaux aux plus riches et laisse s’enfoncer dans la misère le reste de la population. Il faut que les samedis de colère se transforment en lundis de grève, en mardis de grève, en mercredis de grève. 

Face à un gouvernement qui reste sourd, face à des patrons qui profitent toujours plus des salarié.es, nous devons continuer à mettre la pression et cela passe par un blocage complet de la production.

Le gouvernement et les patrons ne comprennent que la loi de l’argent ? Et bien tapons-les au portefeuille : bloquons les transports, bloquons les entreprises, bloquons les services publics. C’est nous qui faisons tourner l’économie, ils ne sont rien sans nous.

Reprendre ce que les capitalistes nous ont volé


La colère est là. Il faut maintenant qu’on s’organise pour lui permettre de durer et pour construire un rapport de force qui permette de gagner. Mais de gagner quoi ? Le principal slogan qui était repris de Paris à Marseille et Rennes à Toulouse, c’est « Macron démission ». Parce que Macron symbolise tout le mépris de la bourgeoisie envers les travailleurs et les travailleuses, parce que c’est lui qui pilote les attaques contre les salarié.es. Mais ce n’est pas en faisant sauter Macron ou en faisant sauter le gouvernement qu’on fera réellement changer les choses.

Ce qu’il faut mettre en avant, ce sont des revendications concrètes, qui permettent de sortir de la spirale infernale pour reprendre tout ce que les capitalistes nous ont volé et pour conquérir de nouveaux droits.

Pour cela, nous devons nous organiser à la base, construire des assemblées qui permettent de discuter de nos revendications sans laisser d’autres les proposer à notre place. Nos solutions, nous ne les trouverons pas dans les promesses des politiciens et des politiciennes qui veulent déjà récupérer la mobilisation. Nos solutions, nous les trouverons en échangeant, en débattant et en nous coordonnant pour être plus forts toutes et tous ensemble.
Macron a peur et il a raison d’avoir peur. Cinquante ans après Mai 68, le fond de l’air est rouge.

Alternative libertaire, le 3 décembre 2018

vendredi 23 novembre 2018

Féminisme

Contre les violences faites aux femmes par les hommes

la peur va changer de camp !




À l’occasion de la journée internationale contre les violences faites aux femmes, associations, syndicats, mouvements divers dont en particulier « Nous toutes » appellent à un grand rassemblement pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles. Après une certaine libération de la parole des femmes, c’est dans la rue que nous devons montrer notre détermination ! Les violences des hommes envers les femmes prennent plusieurs formes. Qu’elles soient physiques, sexuelles ou psychologiques, toutes sont à combattre !

LES AGRESSEURS ET LEURS STRATÉGIES

Marre d’être frappées ! En 2016, 3 femmes victimes sur 4 déclarent avoir été frappées de façon répétée. La même année, 123 femmes ont été tuées par leur partenaire ou ex-partenaire intime. Marre d’être agressées sexuellement ! Chaque jour, 243 femmes sont victimes de viol ou de tentative de viol. Marre d’être insultées ! 3⁄4 des auteurs d’insultes à l’égard des femmes dans l’espace public sont des hommes. Les insultes renvoient souvent à des stéréotypes sexistes : « salope », « conne », « sale pute », « vieille ».
Les violences faites aux femmes sont partout : dans la rue, dans les transports, à l’école, au travail mais surtout dans la sphère privée. Celles faites par des hommes masqués dans une ruelle sombre sont minimes. Dans 91 % des cas, les violences sont commises par des personnes connues de la victime (père, frère, ami, médecin, camarade, militant, collègue). Dans 45 % des cas, l’agresseur est le conjoint ou l’ex- conjoint. Le privé est politique, ne baissons jamais la garde. Les violences des hommes contre les femmes font partie du système patriarcal. Ne le laissons pas nous enfermer dans la peur et nous empêcher de nous révolter. Avec la déferlante de témoignages, la peur est en train de changer de camp.

LUTTES MULTIPLES : HOMOPHOBIE, RACISME, VALIDISME, CLASSISME

Le patriarcat atteint toutes les femmes, particulièrement les femmes racisées, faisant partie de la communauté LGBTI, porteuses de handicap, issues de milieu populaire qui subissent des oppressions simultanées affectant leur vie. Elles sont de ce fait plus susceptibles de subir des violences.

PRÉPARONS LA MOBILISATION, POUR UNE GRÈVE GÉNÉRALE DES FEMMES

Aucune solution judiciaire n’est adaptée. La justice non seulement ne fait pas son travail mais perpétue la culture du viol et donc les violences à l’encontre des femmes. Refus de prendre les plaintes des victimes dans les commissariats, discours culpabilisateurs, remise en question de la parole des femmes, relaxes des agresseurs. Ce sont encore aux femmes agressées de prouver leur non-consentement et non aux agresseurs d’apporter la preuve de l’assurance du consentement de l’agressée. Ni soutenues, ni écoutées, ni rassurées par la justice, peu de femmes victimes portent plainte.
Le samedi 24 novembre, notre colère et notre solidarité féminine vont se transformer en grand mouvement collectif ! Nous ne sommes pas seules ! Patrons, collègues, conjoints, la peur va changer de camp ! Comme en Espagne où 6 millions de femmes ont participé aux grèves et manifestations féministes du 8 mars dernier, créons un rapport de force pour que ça bouge.
Après le 24 novembre, rendez-vous le 8 mars 2019 pour la journée internationale de lutte pour les droits des femmes ! Nous, les femmes, exigeons l’égalité économique, sociale et poli- tique avec les hommes ! Les travailleuses gagnent environ 23,7% de moins que les hommes. Elles sont davantage touchées par la précarité.Nous, les femmes, voulons être libres ! Libres de marcher n’importe où, à n’importe quel moment de la journée, dans n’importe quel état, dans n’importe quelle tenue. Libres de notre orientation sexuelle et affective. Libres de procréer ou non et avec qui on veut. Libres d’accéder à des contraceptions gratuites et à l’IVG et à des consultations gynécologiques sans maltraitances.

Alternative Libertaire


samedi 17 novembre 2018

Grève

Accord gagnant pour les femmes de chambre 

sous-traitées du Marriott Prado Vélodrome



Les femmes de chambre de l’hôtel Marriott Prado Vélodrome, avec le soutien de leur syndicat CNT-SO, étaient en grève depuis le 12 novembre pour obtenir des avancées salariales. Après 4 jours d’un joyeux tintamarre mené par le piquet de grève, la direction régionale du sous-traitant du nettoyage, STN Groupe, a dû concéder la signature d’un accord de fin de conflit.

Celui-ci acte la satisfaction de l’essentiel des revendications des grévistes :

 

  • Augmentation des qualifications (AQS2) dans la grille de salaire conventionnelle
  • Mise en place progressive du 13ème mois

Quand l’accord rentrera en pleine application, les rémunérations annuelles de tous les salarié-e-s du nettoyage du site auront augmenté de plus de 09 % ! Ceci sans compter les effets de la mise en place d’un système de pointage permettant une prise en compte totale des heures travaillées et des heures complémentaires.

Pourtant, Il y a encore quelques jours, l’employeur prétendait ne pas pouvoir faire « d’effort » supplémentaires pour la rémunération de ses salariés… L’action déterminée de notre équipe syndicale aura encore démontré que la lutte collective est littéralement payante ! 

La victoire est belle, dans un contexte de régression généralisée pour les salarié-e-s, même si nous avons conscience que le chemin est encore long pour démonter ce système d’exploitation qui confisque l’essentiel des richesses générées par le monde du Travail. C’est n’est qu’un début…

CNT-SO Nettoyage PACA