samedi 28 avril 2012

Contre les idées d’extrême droite et contre l’austérité, seule la lutte paie !

Les résultats du premier tour de l’élection présidentielle, marqués par une très forte poussée de l’extrême droite (près d’un million de voix de plus qu’en 2002 pour le Front national), sont la conséquence directe de la politique antisociale et de la surenchère raciste et nationaliste auxquelles s’est livré un sarkozysme aux abois, prêt à tout pour se maintenir au pouvoir et poursuivre une politique ultralibérale menée main dans la main avec le patronat. Et, déjà, en axant leur campagne d’entre deux tours sur la question du vote des étrangers et sur celle de l’immigration, les dirigeants de l’UMP démontrent une fois de plus qu’ils sont prêts à toutes les outrances pour dissimuler le bilan lamentable de cinq années de destruction des droits sociaux, de liquidation des services publics, de traque des sans-papiers et d’incitation constante à la xénophobie.

Mais s’il faut condamner sans ménagement le patriotisme réactionnaire et raciste que chantent de concert les ténors du gouvernement et les cadres du Front national, il faut surtout garder en tête que ce n’est pas dans les urnes que nous pourrons faire advenir le changement que nous appelons de nos vœux. Même si, dans leurs discours, les deux candidats qualifiés pour le second tour n’illustrent pas le même niveau de compromission avec l’économie libérale dominante, ils ne nous promettent en effet tous deux que de simples variations sur le thème de la rigueur et ils adhèrent totalement à la logique mortifère du paiement de la dette. Avec l’austérité qui s’annonce, aucun scrutin ne pourra se substituer à la lutte sociale et à l’action directe des exploité-es. Les vrais ennemis des travailleuses et des travailleurs ce sont bien les capitalistes qui, dans le monde entier, organisent la misère et pillent les richesses et, face à ces gestionnaires et à ces actionnaires qui profitent de nos divisions, aucune candidature ne peut remplacer l’organisation d’un mouvement anticapitaliste de masse qui défende, contre les illusions nationalistes, la solidarité entre travailleuses et travailleurs par-delà les frontières.
Quel que soit le président qui sortira des urnes le 6 mai prochain, nous devrons plus que jamais poursuivre notre combat contre les idées d’extrême droite et nous préparer à résister aux mesures d’austérité qui s’annoncent. Une première date se profile pour préparer ce 3ème tour social : le 1er mai. Alternative libertaire appelle tous les salarié-e-s à se joindre aux cortèges syndicaux du 1er mai, afin d’affirmer l’existence d’un syndicalisme de combat, qui ripostera sans hésiter aux politiques d’austérité qui se profilent, quel que soit le président élu, et de ne pas laisser le FN et l’UMP faire croire qu’ils peuvent s’approprier cette date.

Seule la lutte paie alors organisons-nous pour lutter !

Alternative Libertaire, le 25 Avril 2012

mercredi 18 avril 2012

AL d’avril est en vente (mais pas en kiosque)

Edito
Pleins feux
Point de vue
- Point de vue : Battre la droite pour le 3e tour social
Économie
- Mécanisme européen de stabilité : Les États sous tutelle financière
Dico anti-sécuritaire : Qu’est-ce qu’une loi d’exception ?
Politique
- Saint Denis : Forum social antifasciste
- Souscription : Solidarité avec les antifascistes inculpés
- Antifascisme : Succès pour les Antifa à Dresde
- Avortement, sexualité, contraception : On veut choisir
Luttes
- Manifestation nationale pour l’emploi : Un tournant pour Solidaires
- Garages autogérés : L’huile de (vos) coudes pour démarrer
- Toulouse : Des sans-abri qui mènent une vie de château
Chroniques du travail aliéné : « J’ai trop d’accidents du travail »
Écologie
- Accaparement des terres : Le néocolonialisme agraire spolie l’Afrique
- Nucléaire : Les océans transformés en vaste poubelle
Social
- Autogestion : Le cas argentin est un succès
- Foire à l’Autogestion : ça avance
International
- Mayotte : Quand la liberté et l’humanité font naufrage…
- Québec : La lutte c’est Classe
- Amérique latine : Des luttes populaires contre un climat délétère
- Irlande : Nous ne paierons pas
Histoire
- Il y a 20 ans : Les émeutes « Rodney King » - No Justice, no peace
Culture
- Rap et politique : Insécurité sous la plume d’un barbare
- Revue Agone : Les théories du complot
- Recueil : Guerre de mouvement et guerre de position de A. Gramsci, textes réunis par R Keucheyan
- Jeux de plateau : Bientôt un luxe ?
Classiques de la subversion : Gramsci, notre contemporain.
Vie d’AL

Il n'est pas en kiosque mais on peut tout de même le trouver dans les librairies suivantes :
L’Odeur du temps 35 rue Pavillon Marseille 1
Librairie de l'Arbre 38 rue des 3 mages Marseille 6

lundi 12 mars 2012

Solidarité avec les militantEs antifascistes inculpéEs


Une répression terrible s’abat sur dix militantEs antifascistes, interpelléEs à Paris dans la soirée du 8 mars alors qu’ils et elles collaient des affiches contre la tenue des « Assises de la nationalité, de la citoyenneté et de l’identité », organisées par le Bloc identitaire, groupe aux idées racistes revendiquées. Pour de simples affiches, ces militantEs ont été gardéEs à vue 48h, avant d’être déférréEs samedi soir au parquet de Paris en ayant fait un passage à la section antiterroriste de la brigade criminelle !! Au total ce sont plus de 60h qu’ils et elles ont passées dans les locaux de la police puis de la justice. Rien dans les actes ni dans l’attitude des militantEs ne justifiait cette garde à vue et ce déferrement.

Grâce à la mobilisation des organisations, réseaux et sympathisantEs antifascistes, ils et elles ont été libéréEs ce dimanche avec des procès verbaux signifiant des inculpations pour participation à un groupe formé en vue de la préparation de violences contre les personnes ou des destructions pour dégradation de biens. Cela leur vaut d’être convoquéEs pour être jugéEs devant la 29e chambre du Tribunal de grande instance de Paris le 7 mai 2012. Aussi nous dénonçons ici une répression purement politique.

Une surenchère répressive sur les militantEs antifascistes
Nous dénonçons une véritable stratégie d’intimidation menée par la Justice.
A chacune des apparitions publiques des organisations antifascistes, que ce soit face aux catholiques intégristes ou aux divers néo-nazis adeptes du « saucisson-pinard », les ordres du pouvoir sont clairs : la police protège systématiquement l’extrême droite.
Les organisations engagées dans le combat contre l’extrême droite tentent ni plus ni moins d’alerter l’opinion contre la banalisation du racisme et des idées d’extrême droite, et de s’opposer à leurs représentants de tous poils.

Nous dénonçons une criminalisation croissante de ce combat.

Une Justice à deux vitesses
Rappelons qu’il y a à peine trois mois, deux membres de la mouvance catholique intégriste ont été arrêtés au théâtre du Rond-Point, alors qu’ils s’apprêtaient à en détruire le système de sécurité. Ces deux-là n’ont écopé que d’une dizaine d’heures de garde à vue et d’un banal rappel à la loi, avant de repartir… tranquilles. Une différence de traitement aussi criante manifeste clairement la propension du pouvoir et de sa police à « couvrir » des groupuscules violents et liberticides.
Sans oublier la couverture de la justice dont bénéficient des ministres en poste lors de leurs « dérapages » tout à fait contrôlés à l’encontre des immigré-e-s ou lorsqu’ils affirment qu’il existe une inégalité de valeur entre, ce qu’ils appellent, les « civilisations »…
Nous dénonçons donc un pouvoir qui encourage les expressions d’intolérance, de conservatisme et de racisme, et qui défend ceux qui les répandent.

Une indulgence coupable
Si le gouvernement les protège, c’est que les fascistes lui sont très utiles : d’abord ils diffusent efficacement ses idées, désignant les mêmes boucs-émissaires (étranger-e-s, musulman-e-s, chômeurs-ses, et combien d’autres encore), popularisant les mêmes solutions radicales qui consistent à stigmatiser et exclure. Mais en plus, ils sont un ennemi majeur pour le mouvement social, à qui ils font barrage par leurs attaques, leur propagande et leurs provocations.
Nous ne supporterons pas plus longtemps une situation où les fascistes ont les mains libres tandis que l’on enferme ceux et celles qui les dénoncent et organisent la mobilisation et une riposte militante face à eux.
Nous interpellons la population sur la répression éhontée qui sévit sur le mouvement antifasciste en particulier et sur le mouvement social en général.
Nous exigeons que les poursuites à l’encontre des 10 militant-e-s antifascistes soient abandonnées et appellons à la mobilisation de toutEs en solidarité.

Premiers signataires : Alternative libertaire, Les Alternatifs, Ras l’Front Marne la Vallée, Emancipation tendance intersyndicale, CNT Etpreci 75, CNT Santé social RP, UD CNT 95, Section carrément anti Le Pen (SCALP), Fédération Total respect / Tjenbé réd (Fédération de lutte contre les racismes, les homophobies et le sida), SUD Culture Solidaires, Action antifasciste Paris banlieue (AFA), Christianisme social, Solidaires Paris, Nouveau parti anticapitaliste, SUD Etudiant.

vendredi 3 février 2012

D’égal à égales

parcours de femmes migrantes et syndicalistes

Projection Débat le vendredi 10 février 2012 à 19h 30 au Polygone étoilé 1 rue Massabo 13002 Marseille


En 1879 le troisième congrès ouvrier qui se tenait à Marseille votaient une résolution réclamant l’égalité civile, politique, économique et sociale des hommes et des femmes (*). Pour la première fois, le mouvement ouvrier français entérinait les revendications féministes les plus avancées de l’époque.

D’égal à égales montre le chemin qui a été parcouru depuis, mais aussi celui qui reste à faire pour arriver à une égalité réelle. Ce film de Corinne Mélis et Christophe Cordier trace les portraits de Kheïra (CGT - Textile), Noura (UNSA - assistante maternelle), Dorothée (ex-CGT Disneyland) et Anissa (Sud-Rail).

Migrantes ou filles d’immigrants, elles ont choisi de s’engager face à la dureté des conditions de travail et à la précarité des salariés dans les secteurs du nettoyage, du commerce, des services aux particuliers, d’industries à l’agonie, où l’on retrouve nombre de femmes issues de l’immigration. Travailleuses et syndicalistes, elles bousculent les stéréotypes sur les « femmes immigrées », leur engagement questionne le milieu syndical qui peut reproduire en son sein des pratiques qui marginalisent les femmes, les immigrés, les plus précaires.

Elles nous racontent une démarche d’émancipation individuelle et collective dans une société où sexisme et racisme restent d’actualité, tandis que s’accentue la précarisation du salariat. Ce film pose enfin la question du renouvellement syndical, en tant qu’outil de transformation sociale, à l’articulation des luttes contre l’exploitation capitaliste et des luttes d’émancipation.

La projection du film sera suivie d’un débat en présence du réalisateur Christophe Cordier et avec le collectif Alternative Libertaire Marseille.
Ensuite la discussion se poursuivra en grignotant et en buvant un verre.

(*) Extrait de la résolution sur les femmes votée le 31 octobre 1879 au Congrès ouvrier socialiste de Marseille : « Le congrès, considérant que l’homme et la femme sont équivalents devant la nature, considérant qu’ils sont aussi indispensables l’un que l’autre à la perpétuation de la société, déclare qu’ils doivent régir ensemble cette société et partager l’exercice des mêmes droits, tant dans la vie publique que dans la vie privée. Le congrès, partant de ce principe, l’égalité absolue des deux sexes, reconnaît au femmes les mêmes droits sociaux et politiques des [sic] hommes. Qui dit droit, dit responsabilité : la femme doit travailler, n’étant pas moins tenue de produire que l’homme, vu qu’elle consomme, le congrès émet le vœu qu’il y ait pour les deux sexes même facilité de production et application rigoureuse de cette formule économique : à production égale salaire égal. »

Sortir du capitalisme pour sortir de la crise

Les responsables et les profiteurs de la crise, ce ne sont pas juste les banquiers qui ont bâti des fortunes sur des bidouillages financiers, ce sont tous les capitalistes qui n’en finissent pas de faire payer les salarié-es pour augmenter leurs profits. Nous ne pouvons pas nous contenter de dénoncer les agences de notation et les spéculateurs boursiers. Nous ne pouvons pas nous contenter de durcir les règles du jeu ou de moraliser le capitalisme. La seule solution, c’est de se débarrasser une bonne fois pour toutes de ce système fondé sur l’exploitation et la domination.

Refuser de se soumettre aux marchés, refuser de payer la dette

A l’UMP comme au PS, les élites politiques pensent que la seule manière de s’en sortir, c’est de réduire les dépenses sociales, d’augmenter l’âge de départ à la retraite, de détruire les services publics et de saigner à blanc tous les salarié-es pour rassurer les prêteurs et les créanciers. Cette situation est insupportable ! Si les politiciens ont placé une confiance aveugle dans les marchés financiers et s’ils ont choisi d’augmenter la dette plutôt que d’augmenter les impôts des plus riches, qu’ils assument ! Il n’y a aucune raison pour que les travailleurs et les travailleuses, qui triment déjà pour enrichir leurs patrons, soient en plus obligé-es de payer l’addition ! Nous ne voulons pas nous serrer la ceinture pour remplir les poches de la bourgeoisie et il est hors de question que nous laissions les gouvernants liquider nos droits sociaux pour sauver un système à l’agonie. Le capitalisme est malade ? Achevons le !

Lutter sans attendre

Si nous les laissons faire, les capitalistes vont réduire nos salaires au minium et détruire nos retraites, comme en Grèce. Nous ne pouvons pas nous résoudre à encaisser les coups sans résister : contre-attaquons dès maintenant et organisons-nous pour reprendre nos vies en main. Si nous voulons sortir la tête de l’eau, il va falloir multiplier les résistances dans nos lieux de travail comme dans nos lieux de vie pour construire des contre-pouvoirs partout où les attaques se feront sentir. Contre les licenciements, contre les expulsions, contre les coupures d’électricité, nous devons nous serrer les coudes et entrer dans la lutte. Nous avons perdu la bataille contre la réforme des retraites car nous attendions trop d’un petit nombre de grévistes déterminés : si nous voulons gagner, c’est tous ensemble que nous devons agir !

Changer de système et changer la société

Les politiciens n’ont qu’un seul projet en tête : réformer le système afin de le maintenir en place. Et, pour cela, ils sont prêts à toutes les mesures d’austérité. De leur point de vue, peu importe que le chômage explose et que les services publics s’effondrent, du moment que les banques tiennent bon et que les actionnaires continuent à gagner de l’argent. Mais nous ne voulons plus de ce système injuste qui nous emmène droit dans le mur ! Contre la dictature patronale, nous revendiquons une économie sociale, directement contrôlée et organisée par la population. Le capitalisme n’est pas une fatalité et nous pouvons nous en débarrasser si nous commençons dès aujourd’hui à résister, à construire une alternative et à inventer une société réellement démocratique, bâtie sur la solidarité et débarrassée des oppressions.

samedi 21 janvier 2012

Protection ? Surveillance ?

Marseille, Vendredi 27 janvier : Réunion publique.

Réunion Publique le vendredi 27 janvier 2012 à 19h30, au Seul problème 46, rue Consolat, Marseille 1er arr (métro Réformé)

Vous avez sûrement remarqué tous ces petits chantiers épars sur la Plaine, le Cours Julien et Noailles. Des gros sacs remplis de cailloux et de terre, des tranchées et un poteau qui s’érige fier au milieu de ce désordre.
Il s’agit de supports de cameras de télésurveillance ou de télé protection comme ils les appellent.

Ils, mais qui sont ces ils qui ont décidé d’installer des caméras un peu de partout sur la ville ? C’est d’une part l’État, qui encourage les communes à s’équiper de matériel de vidéosurveillance avec des aides financières (50% du prix de l’installation). C’est aussi la commune qui décide d’une politique locale plutôt qu’une autre.
A Marseille, un consensus a été trouvé, puisque UMP et PS main dans la main ont voté le budget nécessaire à l’installation de ces caméras (6 millions d’euros) ainsi que le budget pour sa maintenance. (1,7 millions d’euros) Ils ont donc décidé, sans nous consulter, d’implanter ces caméras, 220 dans un 1er temps puis 1000 d’ici 2013, au détriment des études qui ont été faites et qui démontrent l’inutilité de ce système (cf : Site de l’institut d’aménagement et d’urbanisme d’île de France).
L’implantation de ces caméras est à replacer dans un contexte de développement urbain (Plan Campus, Marseille 2013) et prend comme exemple une majorité de villes en France et à l’étranger ou le centre ville est complètement aseptisée, où les habitants et les petits commerces ont laissé place aux grandes marques et aux grandes entreprises. Notre centre ville est un des dernier en France à être encore populaire, gardons le ! C’est notre richesse et notre identité.

Ce système n’est pas un système de protection, comme il nous est présenté, mais bien un système de contrôle et de surveillance. C’est notre vie de quartier, nos échanges, nos rencontres, nos déplacements qui sont contrôlés et observés. Dangereux aujourd’hui, il peut être demain l’arme absolue du pouvoir.
Le collectif anti-caméra : anticamera13@riseup.net