mercredi 30 juin 2010
Pierre Stambul : peut-on critiquer Israel ?
mardi 29 juin 2010
Rassemblement soutient aux sans papiers à Istres
Pour soutenir 18 ouvriers marocains en règles, qui ont utilisés leur droit de retrait suite aux brimades, aux insultes et aux coups infligés par leur patron en plus de l'exploitation quotidienne qu'ils subissaient. Leur employeur déduisait des jours de salaires comme forme de punition pour être sortie sans autorisation du lieu de travail ainsi que tout un éventail d'humiliations diverses et variés.
Ces ouvriers, ces travailleurs, ces exploités, ces dominés se sont fait agressés sur leur lieu de travail qui est aussi leur lieu d'hébergement par leurs patrons avec des battes de baseball et des jets de pierre
Camarades levons nous d'une meme voix réclamons justice pour ces ouvriers, réclamons le respect du droit des travailleurs qu'ils soient
d'ici ou d'ailleurs , des prolétaires de maniere plus globale.
Reprenons ce qui nous reviens de droit.
En esperant que nous serons nombreux à ce rassemblement afin de crier le dégout de ces pratique inhumaine.
dimanche 27 juin 2010
Répression Sanglante en Argentine
Nous voyons cette scène quotidiennement, à Ingeniero Budge, à Rosario, à Ushuaia ou à Villa Lugano. Hier, nous l’avons vu à Bariloche, Province de Río Négro. Nous écoutons aussi l’excuse infiniment répétée : « le coup est parti tout seul », comme si l’arme avait une vie propre. Comme s’il ne fallait pas appuyer sur la gâchette pour que le coup parte.
Cette fois, le garçon s’appelait Diego Bonefoi et vivait à Bariloche. La juste colère du quartier s’est traduite dans une attaque du commissariat où s’était réfugié l’assassin. « La police doit se défendre », a dit son chef politique, le ministre du Gouvernement Diego Larreguy, et qui a justifié les quatorze blessés et les deux morts (un jeune de 29 et un adolescent de 16 ans) dans la bataille inégale des Ithakas et des Brownings contre des injures et des jets de pierres.
En 2006, CORREPI avait publié une série de notes dénonçant la situation d’apartheid qui prévaut dans la ville de Bariloche, dans le district de Alto, les quartiers ouvriers, militarisés sous une répression constante pour éviter que ses habitants enlaidissent, par leur présence, la zone du centre-ville destinée aux touristes riches. Nous avons décrit ce qui se passe tous les jours au cours des huit étapes à franchir pour accéder depuis les quartiers de El Alto (El Frutillar, San Francisco, 34 Has., etc.) vers la ville basse avec ses salons de thé et ses auberges raffinées. A chaque étape il y a des déploiements policiers permanents verrouillant le passage, et les piétons comme les passagers des transports collectifs doivent exhiber leurs papiers et expliquer pourquoi ils vont vers la “jolie zone”. C’est seulement s’ils sont convaincants et ont une mine “décente“ qu’on les laisse passer.
Nous avons insisté à de nombreuses reprises sur l’énorme quantité de détentions arbitraires (« justifiées » par la vérification des antécédents ou le code des contraventions), de coups, d’opérations de police, et du groupe spécial BORA (Brigada de Operaciones Rápidas y Antitumulto) dans les quartiers, avec ou sans un ordre judiciaire.
Nous dénoncions les intimidations et les attaques contre les habitants qui ont osé essayé de s’organiser contre la répression, comme la résidente du quartier 34 Hectares, Blanca Grande, qui a perdu un œil par une balle en caoutchouc lors d’une opération de police en 2006, et la succession des meurtres commis par la police, au nombre d’une cinquantaine depuis 1983 dans une province où vivent moins de 600.000 personnes.
La juste réaction des gens de Bariloche a empêché que l’exécution de Diego soit passée sous silence, comme ce la se passe pour la plupart des jeunes qui, au rythme d’un par jour, se font tuer par l’Etat avec sa politique disciplinaire de la gâchette facile et de la torture dans les commissariats de police, les prisons et les centres pour mineurs. Les médias ont pu prendre note, cette fois, de ce qui s’est passé. Rien de tel ne se produit pour le mort de chaque jour caché derrière les célébrations du Bicentenaire ou les exploits de la sélection nationale de football. Rien qu’à Moreno, province de Buenos Aires, trois jeunes ont été tués dans les 15 derniers jours : Sergio Casal (16 ans), abattu par la police fédérale, Ricardo Argañaraz (22 ans), a reçu trois coups de feu d’un gendarme, et un troisième est mort à l’intérieur du commissariat local. Dans le même temps, un garçon de 20 ans est mort incinéré dans une cellule de la police à General Acha, province de La Pampa et Saúl Perez (21 ans) a été abattu par un policier de Buenos Aires, dans la localité de Gregory Laferrère. Et il y en plus encore, partout dans le pays. Ce n’est pas un abus ou un excès ou un débordement ou une bavure. C’est une politique de l’Etat que tous les gouvernements qui administrent une société avec des riches et des pauvres appliquent consciemment pour que tous ceux qui doivent être disciplinés afin de tolérer l’oppression, apprennent à se taire et à obéir.
CORREPI – Coordination contre la répression policière et institutionnelle Ciudad de Buenos Aires, Argentina
jeudi 24 juin 2010
Soutien à la FAG

Les Camarades Brésiliens de la FAG inculpés en octobre dernier passent en jugement en cet fin du mois de Juin et font appel à la solidarité internationale (notamment financière) pour contrer la répression d'État. Si vous voulez en savoir plus et être mis au courant des initiatives de solidarités une boite mail à été mise en place : soutienfag@gmail.com .
Voici un bref rappel des faits :
contre la répression d'État au Brésil
Cela fait des années que les compagnons de la FAG luttent contre l’exclusion et la précarité, en défendant la justice et des conditions de vie dignes. Leur travail avec les chiffonniers et cartonniers, avec les sans toit, avec les sans terre, est bien connu. En définitive, un travail qu’ils mènent depuis des années avec ceux d’en bas.
C’est là le motif pour lequel la police de l’État du Rio Grande do Sul a exercé la répression contre les compagnons de la FAG, un État plongé dans des scandales de corruption et qui adopte une attitude répressive face aux collectifs et organisations qui exercent simplement leur liberté d’expression pour critiquer les différentes politiques antipopulaires du gouvernement. C’est là la réponse gouvernementale face au refus social. Et la FAG n’est pas la première agressée, il faut rappeler l’assassinat du paysan sans terre Elton Brum ou la mort de Marcelo Cavalcante en février dernier.
A la suite d'un appel de différentes organisations libertaires internationales, nous tenons à faire part de notre condamnation énergique de ces actes répressifs. Nous voulons dénoncer l’incongruité de la politique gouvernementale brésilienne, une politique de droite avec un discours de gauche. Une politique qui est régie par les mêmes paramètres économiques que dictent les multinationales, et qui applique par conséquent les mêmes tactiques militaristes et répressives.
Non seulement nous condamnons la répression gouvernementale, mais nous voulons aussi manifester notre solidarité et notre soutien aux compañeros et compañeras de la FAG pour le travail qu’ils réalisent avec les gens simples de leur peuple, un travail constant et tenace que les pouvoirs gouvernementaux ont prétendu faire cesser au moyen de la terreur, de l’intimidation et de la répression, mais nous sommes certains qu’ils ne vont pas y parvenir.
Contre la réforme des retraites
Rendez vous le Jeudi 24 Juin au vieux port à partir de 10h30 pour manifester contre cette nouvelle attaque visant à nous faire payer la crise du capitalisme.
Dans les entreprises, les quartiers, les universités : Construire la grève générale contre la casse des retraites
Le gouvernement a annoncé le 16 juin le mesures qu’il allait prendre dans le cadre de la réforme des retraites. Alors que le mouvement social s’oppose depuis des mois au report de l’âge de départ comme à l’allongement de la durée de cotisation, le gouvernement a fait le choix d’ignorer la volonté populaire, en reculant l’âge de départ à 62 ans et en portant la durée de cotisation à 41 ans et 3 mois dés 2013.
Un objectif : la baisse des pensions
Ces mesures ont pour seul objectif la baisse des pensions, afin de diminuer la part patronale dans le financement des retraites et d’approfondir le mouvement de transfert de richesses en faveur des capitalistes. La plupart des salarié-e-s n’atteindront jamais l’âge légal et le nombre requis d’annuités, ou alors au chômage ou au RSA, ce qui occasionnera de sévères décotes.
L’offensive gouvernementale est enrobée dans une série de rideaux de fumée destinés à faire croire que les revendications populaires ont été entendues.
Les hauts revenus et les revenus du capital seront mis à contribution, mais de manière purement symbolique. Les travailleurs ayant eu des métiers pénibles devront prouver qu’ils sont effectivement en mauvaise santé pour pouvoir partir à 60 ans. Les jeunes précaires auront davantage de trimestres validés au chômage, mais resteront plus longtemps sans emploi car ceux-ci seront occupés par des travailleurs plus âgés, en quête de leurs ultimes annuités…
Pour financer nos retraites, faisons payer le capital
Pourtant, d’autres solutions sont possibles. Il y a aujourd’hui bien plus de richesses qu’au moment de la création des retraites en 1947.
Le vrai problème qu’aucun politicard n’aborde, c’est la répartition de ces richesses. On pourrait très bien aujourd’hui réduire le temps de travail, réduire la durée de cotisation et augmenter les salaires et les retraites.
Mais pour cela, il faut s’attaquer aux revenus du capital. Le patronat et le gouvernement n’hésitent pas, eux, à s’attaquer aux revenus du travail. Alors qu’ils sont pleinement responsables de la crise, ils font le choix de la faire payer aux classes populaires. La situation est déjà très difficile pour les travailleuses et les travailleurs : les licenciements, les restructurations multiples dans le public comme dans le privé, l’augmentation de la précarité causent une souffrance au travail de plus en plus grande. Pourtant, ça n’empêche pas patronat et gouvernement d’exiger que nous bossions plus longtemps pour eux.
La situation est la même partout dans le monde.
En Grèce, ils n’hésitent plus à diminuer les retraites et les salaires et à virer des fonctionnaires. C’est ce qui nous attend si nous ne relevons pas la tête pour dire stop, pour faire cracher le capital, pour imposer une autre répartition des richesses et une autre organisation de la société.
Notre arme, c’est la grève
Partout dans le pays, des collectifs contre la réforme des retraites s’organisent, à l’image des collectifs contre la constitution européenne en 2005 ou des collectifs contre la privatisation de la Poste à l’automne dernier. Ces collectifs sont utiles pour mobiliser dans les quartiers et mener la bataille idéologique. Mais pour faire reculer le gouvernement, la construction d’une grève interprofessionnelle reconductible sera incontournable.
Cela peut sembler un peu illusoire. Ça ne l’est pas. Les seules véritables illusions, c’est de s’imaginer que les directions syndicales appelleront à la grève générale, que le PS va s’engager dans la bataille dans un autre but que de redorer son blason pour 2012. C’est bel et bien à nous de construire ce mouvement dans les entreprises, en regroupant dès maintenant les syndicalistes prêts à se battre contre la réforme et en mettant largement en débat la question de la grève générale, entre organisations syndicales et avec tous les salarié-e-s. Une victoire d’ampleur changerait complètement la donne après la série de défaites que nous avons encaissées ces dernières années. Si nous gagnons, cela montrerait que l’action collective a un sens, que la redistribution des richesses est possible, qu’il ne faut pas se résigner.
mercredi 23 juin 2010
Carton rouge et noir pour la Coupe du Monde
COUPE DU MONDE ... FRIC IMMONDE
(Traduction / adaptation d’une déclaration du Front Anarchiste-Communiste Zabalaza d’Afrique du Sud au sujet de la Coupe du Monde de foot)
La Coupe du Monde 2010 doit être exposée publiquement comme l’imposture absolue qu’elle est. Le Front Anarchiste Communiste Zabalaza (ZACF) condamne fermement l’audace et l’hypocrisie du gouvernement qui présente cette occasion comme une opportunité unique "une fois seule dans sa vie » pour l’amélioration économique et sociale des personnes vivant en Afrique du Sud (comme sur le reste du continent). Ce qui est clair - à tel point que c’en est éblouissant - ce que cette "opportunité" a été et continue d’être celle de la gloutonnerie frénétique de l’élite dirigeante sud-africaine comme du capital national ou global. En fait si la Coupe du Monde a un effet, il est probable que ce ne soit que des conséquences dévastatrices pour les pauvres d’Afrique du Sud et pour la classe ouvrière - processus qui est déjà à l’oeuvre.
En se préparant à accueillir la Coupe du Monde, le gouvernement a dépensé près de 800 millions de rands [soit plus de 85 millions d’euros] (757 millions pour le développement des infrastructures et 30 millions pour des stades qui ne seront plus jamais remplis après). C’est une immense gifle au visage de tous ceux qui vivent dans un pays caractérisé par une extrême pauvreté, avec près de 40% de chômage. Au cours des cinq dernières années, les travailleurs pauvres ont exprimé leur indignation et leur déception face à l’incapacité du gouvernement à corriger les inégalités sociales massives, organisant dans tous le pays plus de 8000 manifestations pour exiger les services de base [eau, électricité, santé, ...] et des logements. Cette répartition par l’Etat des dépenses est une preuve supplémentaire du mode de maintenance du modèle raté capitaliste néolibéral et de sa politique économique du "ruissellement" [1], qui n’a fait qu'approfondir les inégalités et la pauvreté globalement. En dépit d’affirmations contraires antérieures, le gouvernement a finit par le reconnaître en faisant vole face : il prétend maintenant qu’il n’a jamais été dans son intention que ce projet soit bénéficiaire [2].
L’Afrique du Sud a désespérément besoin d’infrastructures publiques de grande échelle , en particulier dans le domaine du transport public qui est presque entièrement absent dans certaines villes, notamment à Johannesburg. Le « Gautrain », [sorte de RER] qui a été lancé mardi le 8 juin (juste à temps pour le grand événement) est probablement la plus grande ironie ici : dans un pays où la grande majorité des habitants dépend pour ses transport quotidiens de longue distance des taxis/mini-bus privés sans aucune condition de sécurité, le Gautrain offre grande vitesse, transport de luxe pour les touristes et pour ceux qui voyagent entre Johannesburg et Pretoria [distantes seulement de 54 km]... Mais qui peut se l’offrir, quand un simple aller entre l’aéroport et Sandton [ville du cente d’affaire de Johannesburg] vous coute déjà 100 rand [soit plus de 10 euros, le salaire moyen de ceux qui travaillent étant de 570 euros]. La même image se révèle partout : la compagnie des Aéroports d’Afrique du Sud (ACSA) a dépensé plus de 1,6 millions d’euros pour la mise au norme des aéroports, l’Agence nationale des routes sud-africaine, privatisée, (SANRAL) a dépensé plus de 2,3 millions pour un nouveau réseau de routes à péage... Tout cela justifiera la mise en œuvre de mesures d’austérité drastiques pour récupérer les millions dépensés dans ces infrastructures dont la plupart sont d’un intérêt nul pour les africains du sud pauvres [l’écrasante majorité du pays] Partout dans le pays, les municipalités se sont embarquées dans des schémas de rénovation urbaine ... accompagné de leurs inséparables programmes de « gentrification » (boboisation), le gouvernement tentant hâtivement de cacher sous le tapis la crue réalité de l’Afrique du Sud. Rien qu’à Johannesburg, ce sont plus de 15 000 personnes sans abri et enfants des rues qui ont été raflés et jetés dans des « abris » ; au Cap la municipalité a expulsé des milliers de personnes des zones pauvres et des camps de squatters dans le cadre du projet « World Cup vanity » [« rendre la ville coquette pour la coupe du monde »]. La ville de Cape Town a tenté - en vain - d’expulser de leurs maisons les 10 000 résidents du bidonville Joe Slovo afin de les cacher aux yeux des touristes voyageant le long de l’autoroute N2. Ailleurs il ya eu des déportations pour faire place à des stades, à des parkings pour les touristes, ou à des gares [3]. A Soweto, les routes sont embellies le long des itinéraires touristiques et ceux de la FIFA (fédération internationale de foot), tandis que les écoles adjacentes exhibent toujours leurs fenêtres cassées et leurs bâtiments en ruine.
Bien que de nombreux Sud-Africains ne sont toujours pas convaincus, d’autres sont inondées et emportés par le déluge de propagande nationaliste visant à détourner l’attention par le cirque qu'est la Coupe du Monde. Chaque vendredi a été déclaré "journée du foot", dans lequel la « nation » est encouragée (et les écoliers forcé) à porter le t-shirt des Bafana-Bafana [l’equipe nationale de l’Afrique du sud]. Les voitures sont affublées de drapeaux, les gens apprennent la "diski-danse", qui est régulièrement démontrée dans tous les restaurants touristiques. Il est de rigueur d’acheter les poupées de la mascotte Zakumi. Quiconque ose exprimer un doute sur ce battage est dénigré comme antipatriotique : L’exemple le plus significatif a été l’appel lancé aux grévistes du Syndicat des transports (SATAWU) d’abandonner leurs revendications "dans l’intérêt national » [4]. Dans un contexte où près d’un million d’emplois ont été perdus au cours de la seule dernière année, les déclarations du gouvernement sur la création de plus de 400 000 emplois par la coupe du monde sont vides et insultantes. Les emplois qui ont été créés dans la foulée sont le plus souvent précaires ou en CDD (contrats à durée déterminée), par des travailleurs qui ne sont pas syndiqués et qui sont rémunérés très en dessous du salaire minimum.
En dehors de la répression contre les syndicats, les mouvements sociaux ont reçu la même hostilité de l’État, qui a officieusement mis une interdiction générale de toutes les protestations pendant la durée de l’événement. Jane Duncan, [de l’institut pour la liberté d’expression] a put démontrer que cette politique est à l’œuvre depuis le 1er mars dernier :
Une enquête menée auprés des municipalités accueillant la Coupe du monde a révélé qu’une interdiction générale de tout rassemblement est en cours. Ainsi dans la municipalité de Rustenberg, « les rassemblements sont fermés pour la Coupe du Monde ». La municipalité de Mbombela été informée par la police nationale qu’ils ne permettront aucun rassemblement au cours de la Coupe du Monde. La conseil municipal du Cap a indiqué qu’il continuerait de recevoir les demandes pour l’organisation de marches, mais a indiqué que « cela pourrait être un problème » pendant la période de la Coupe du Monde. Selon Les municipalités de Nelson Mandela Bay et de Ethekwini, la police n’autorisera pas non plus les rassemblements pendant la période de la Coupe du Monde [5].
Même s’il est clair que la constitution d’Afrique du Sud, souvent salué pour son caractère « progressiste » est loin d’être la garantie de liberté et d’égalité que prétend le gouvernement. Cette nouvelle forme de répression est clairement en contradiction avec le droit constitutionnel à la liberté d’expression et de réunion . Toutefois, les mouvements sociaux à Johannesburg, dont le Forum anti-privatisation et plusieurs autres n’ont pas renoncé si facilement. Ils ont obtenu une autorisation pour une marche de manifestation le jour même de l’ouverture, avec l’aide de l’Institut pour la liberté d’expression (Freedom of Expression Institute). Toutefois, la marche devra se tenir à trois kilomètres du stade où elle n’attirera pas cette sorte d’attention des médias susceptible d’inquiéter le gouvernement.
Non seulement l’Etat a usé d’une répression sévère contre les pauvres et contre toute activité ou manifestation anti-Coupe du Monde, le tout sous un déguisement qui dépeint l’Afrique du Sud comme un hôte tendant ses bras grands ouverts en invitation à ceux qui affluent vers ses hôtels haut de gamme, ses chambres d’hôtes et ses salons à cocktails, mais il le fait sous la direction de l’empire criminel légal de Sepp Blatter et ses amis appelé FIFA (admirablement dénommé THIEFA [le club des voleurs en anglais] par le Forum social de Durban). Non seulement ils attendent de la coupe 2010 des retombées de quelques 1,5 millions d’euros, mais ils ont déjà gagné plus de 1 million d’euros rien que des seuls droits de retransmission télé.
Les stades et les zones autour des stades, qui ont été remis à la FIFA pour la durée du tournoi (« des cocons libres d’impôt », instaurant des zones contrôlées et surveillées par la FIFA et exonérés de l’impôt normal et des autres lois étatiques), y compris les routes et les points d’accès, ont été débarrassée de toute personne vendant des produits sans licence ainsi que de ceux qui essaient de joindre les deux bouts dans les camps de squatters autour des routes de l’aéroport. Ainsi, ceux qui comptaient sur leurs ventes lors de la Coupe du monde pour augmenter leur revenu de survie sont laissés de côté dans le froid « ruisselant » libéral.
La FIFA, en tant que propriétaire exclusif de la marque Coupe du Monde et de ses produits dérivés, dispose d’une équipe d’une centaine d’avocats qui éclusent le pays pour traquer toute vente non autorisée de ces produits et pour surveiller la commercialisation de la marque. Les produits illégaux sont saisis et les vendeurs sont arrêtés en dépit du fait que la plupart en Afrique du Sud et sur le continent achetent leurs produits dans le secteur du commerce informel. Car très peu ont les 400 rands (40 euros) à craquer pour les T-shirts des équipes et autres gadgets. Les journalistes ont également été efficacement bâillonnés, leur accréditation officielle incluant une clause d’agrément qui empêche les organisations de médias de critiquer la FIFA, compromettant ainsi clairement la liberté de la presse [6].
L’ironie majeure de cette histoire c’est que le football était à l’origine le jeu de la classe ouvrière. Aller regarder les matchs dans les stades était une activité bon marché et facilement accessible aux personnes qui choisissaient ainsi de passer 90 minutes en oubliant les corvées quotidiennes de leur vie sous la botte du patron et l’État. Aujourd’hui, le football professionnel et la Coupe du Monde apportera des bénéfices exorbitants pour une petite équipe de l’élite mondiale et nationale (avec des milliards de dépenses inutiles surtout dans un moment de crise capitaliste mondiale) qui font payer à leurs clients-spectateurs des milliers de rands, livres, euros, etc à chaque saison pour regarder d’écoeurant footballeurs surpayés tomber et plonger sur des terrains super-entretenus, et qui se chamaillent, par le biais de leurs agents parasitaires, pour savoir si ils sont dignes ou pas de leurs salaires mirobolants. Un jeu qui, à bien des égards, maintient sa beauté esthétique, a perdu son âme ouvrière et a été réduit à une autre série de produits destinés à être exploités.
Bakounine [le fameux révolutionnaire anarchiste] a dit que « les gens vont à l’église pour les mêmes raisons qu’ils vont dans un bistrot : pour s’abrutir, pour oublier leur misère, pour s’imaginer être, pour quelques minutes, ailleurs, libres et heureux. ». Peut-être que nous pouvons dire la même chose du sport, avec ces drapeaux nationalistes agités aveuglement et les beuglement dans les trompes et autres vuvuzela, tellement cela semble plus facile d’oublier que de prendre part au combat contre l’injustice et l’inégalité.
Mais nombreux sont ceux qui continuent le combat, et la classe ouvrière, les pauvres ainsi que leurs organisations ne sont pas aussi malléables aux illusions que le gouvernement voudrait le croire. Des constructions de camps de squatters temporaires aux portes mêmes des stades jusqu’au manifestations massives, des actions de grève générale - autorisée ou non - malgré les sarcasmes, les quolibets et les étiquettes « antipatriotique », la suppression de la liberté d’expression, nous ferons entendre avec défi nos voix pour dénoncer publiquement les inégalités terribles qui caractérisent notre société et les enjeux mondiaux qui se jouent au détriment de la vie de ceux sur lesquels sont construits les empires qui seront, en fin de compte, détruits.
samedi 19 juin 2010
Retraites : le gourvernement veut faire payer la crise aux classes populaires
Retraites : le gouvernement veut faire payer les classes populaires
Le gouvernement a annoncé le 16 juin le mesures qu'il allait prendre dans le cadre de la réforme des retraites. Alors que le mouvement social s'oppose depuis des mois au report de l'âge de départ comme à l'allongement de la durée de cotisation, le gouvernement a fait le choix d'ignorer la volonté populaire, en reculant l'âge de départ à 62 ans et en portant la durée de cotisation à 41 ans et 3 mois dés 2013.
Ces mesures ont pour seul objectif la baisse des pensions, afin de diminuer la part patronale dans le financement des retraites et d'approfondir le mouvement de transfert de richesses en faveur des capitalistes. Les salarié-e-s n'atteindront jamais l'âge légal et le nombre requis d'annuités, ou alors au chômage ou au RSA, ce qui occasionnera de sévères décôtes. L'âge où les salariés pourront partir sans décôte est lui aussi repoussé de 65 à 67 ans, âge supérieur à l'espérance de vie en bonne santé de la plupart des travailleurs et des travailleuses, notamment celles et ceux ayant des emplois pénibles. Alors que les pensions sont déjà trop faibles, le gouvernement ambitionne de faire basculer une bonne partie des classes populaires dans la misère, au bénéfice d'une minorité de nantis pour qui la retraites n'existent pas, puisqu'ils n'ont jamais travaillé !
L'offensive gouvernementale est enrobée dans une série de rideaux de fumée destinés à faire croire que les revendications populaires ont été entendues. La pénibilité sera prise en compte, mais sur un mode purement individualiste : les salarié-e-s souffrant « d'un affaiblissement physique avéré » pourront encore partir à 60 ans, mais cet affaiblissement sera déterminé par une visite médicale, soumis à un arbitraire inacceptable et accordé de manière purement individuelle et non en fonction de la catégorie sociale ou de la branche d'activité, alors que les ouvriers ont une espérance de vie inférieure de plusieurs années à celle des cadres. Faudra-t-il que les travailleurs et les travailleuses s'auto-mutilent à 60 ans pour gagner leur droit à partir à la retraite ?
Les femmes seront elles aussi les victimes de cette réforme : par exemple, le droit pour les fonctionnaires ayant eu 3 enfants à un départ anticipé, dispositif dont 99% des bénéficiaires étaient des femmes, sera supprimé.
Les jeunes précaires pourront valider davantage de trimestres en période de chômage non indemnisé (6 au lieu de 4 actuellement). Mais la pression sur les plus de 60 pour qu'ils continuent à se tuer à la tâche provoquera une hausse du chômage des jeunes qui fera plus que compenser cette avancée factice. Alors que les effets de la crise sont encore loin d'être épongés, et que le chômage atteindra des sommets dans les années qui viennent, le gouvernement n'a pas trouvé mieux que de venir alourdir le fardeau avec cette contre-réforme des retraites.
Enfin, ultime rideau de fumée, le gouvernement fait semblant de toucher aux hauts revenus et aux revenus du capital, en annonçant 1% les prélèvements sur la dernière tranche de l'impôt sur le revenu ou sur les dividendes et plus-values. Mais il refuse toujours de toucher au bouclier fiscal ou de supprimer les cadeaux fiscaux au patronat qui grèvent le financement des retraites. Que l'on se rassure : les sommes détournées au profit des capitalistes grâce au reste de la réforme épongeront largement ces minuscules hausses de prélèvements.
Alternative Libertaire revendique le retrait de cette contre-réforme et le financement des retraites en prenant sur les revenus des capitalistes. Pour cela un mouvement social d'ampleur sera nécessaire à la rentrée, où une grève générale reconductible devra être construite pour permettre la victoire. L'unité à la base des travailleurs et des travailleuses est plus que jamais nécessaire pour réaliser cet objectif.
Alternative Libertaire, le 18 juin 2010