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jeudi 4 février 2016

Luttes sociales

Après le 26 janvier, 

faire converger les luttes pour gagner !



La journée de grève dans la fonction publique du 26/01 a été réussie dans l’éducation nationale. Réforme du collège, moyens, salaires, les motifs de se battre ne manquent pas. Mais sans nouvelle dates nationales, comment éviter que cette journée reste sans lendemains ?

Le 26 janvier fut une journée de grève réussie dans l'éducation nationale : près d'un collègue de collège sur deux était en grève, les cortèges étaient fournis et les PE n'étaient pas en reste avec de très bons taux de grévistes dans les écoles dans certaines communes (et par exemple à Paris).

Mais cela ne sera pas suffisant. Si le refus de la réforme du collège qui cristalise les mécontentements dans le 2nd degré est majoritaire dans les salles des profs, pour des raisons d'ailleurs très diverses, la stratégie de lutte adoptée semble celle d'une défaite annoncée.

L'intersyndicale nationale a déjà appelé à une demi-douzaine de dates contre cette réforme, toujours espacées d'au moins un mois, parfois beaucoup plus.

La grève reconductible n'a jamais semblé une stratégie et l'enchainement de grèves de 24 heures a épuisé les collègues tandis que pour garder le Snalc, le Snes était près à des concessions dans des appels nationaux souvent bien mous. L'absence de suite au lendemain d'un 26 janvier réussi interpellent. On en viendrait presque à croire que la réussite des ces grèves embarrasse plus qu'elle ne réjouit.

Au-delà de l'éparpillement, le soin que mettent certains à cloisonner les luttes est un autre obstacle à contourner. Alors que de la maternelle à l'université toute l'éducation est confrontée à la même logique destructrice, la grève du 26/01 a encore été le théâtre d'une mise en scène grotesque : la FSU n'appelant pas au niveau national (mais dans 70 départements) car le SNES ne voulait pas se faire « voler sa grève » et des cortèges séparés entre 1er et 2nd degré car le Snuipp appelait uniquement sur les salaires.

Mais début février, c'est le moment où tombent les fameuses DHG, les moyens en heure pour l'année suivante dans les collèges et lycées. Moment traditionnel de légitime colère dans les établissements même s'il faut reconnaître quelques efforts cette année pour mieux enrober le tout. L'année d'application d'une réforme contestée, on ne taille pas dans les heures, ça attendra l'année prochaine.

On observe quand même une suppression des heures d'éducation prioritaire : pas mal pour créer le « collège de l'égalité républicaine et de la réussite ».

Dans le 93, plusieurs établissements seront en grève le 4 février (un appel qui émane de l'AG IDF qui s'est réunie le soir du 26), notamment à Saint-Denis. Le 9 février ce sont des lycées du 92 qui appellent à la grève. Une intersyndicale parisienne SNES-FSU, SNFOLC, SUD Éducation, CGT Educ’action appelle à se rassembler le 4 au matin devant le CDEN et envisage un appel le 15 mars, jour du CTA. Dans de nombreux départements des syndicats CGT et Sud éducation appellent à la grève le 4 en soutien aux 8 de Goodyears. Ce 4 février aurait donc pu constituer une suite crédible et rapprochée.

Ces mobilisations locales doivent maintenant converger, car les problèmes de moyens rencontrés localement ont une cause nationale et sont les mêmes partout. Les grèves du 4 et du 9 seront probablement l'occasion pour les collègues mobilisés de libérer du temps pour aller discuter avec les collègues des établissements voisins, construire du lien et appeler à des assemblées générales de bahuts mobilisés pour le soir. Ce sera le cas en Seine-Saint-Denis.

Construire des outils d'auto-organisation de celles et ceux qui luttent, c'est sûrement plus efficace que de râler contre les « directions syndicales ».

Classe buissonnière

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