bannière

bannière

mardi 3 juillet 2018

Luttes sociales

Gagner, c’est possible !




Avec une seule journée de grève chez Carrefour, les syndicats ont obtenu des clopinettes. Après plusieurs semaines de grève, les salarié.es des Catacombes de Paris engrangent une vraie victoire. Gagner ? Oui c’est encore possible, à ce prix là. En Normandie, les hospitalier.es ont été malheureusement obligé.es d’ajouter la grève de la faim pour obtenir satisfaction. 

La peur doit changer de camp


Au niveau de l’entreprise, tout syndicaliste le sait, rien de sérieux ne peut être arraché au patron tant qu’il ne craint pas un arrêt de production. Dès qu’il n’a plus peur d’une grève, d’un blocage, d’un sabotage, il ne cède plus sur rien. Et c’est pareil au plan national. Les journées d’action isolées, même massives comme en 2010 pour les retraites, ne permettent pas de gagner. 50 ans après la grève générale de Mai 68, la grande peur des capitalistes est retombée et ils frappent de plus en plus fort pour casser nos acquis et nos services publics. Depuis 1983, l’offensive des patrons et de l’Etat, qu’il soit géré par la « droite » ou la « gauche », monte en puissance. Chaque recul des travailleurs et des travailleuses étant un encouragement à aller plus loin et plus vite.

La grève durable


Même les économistes libéraux chiffrent aisément ces succès de l’offensive patronale : les riches sont toujours plus riches et les pauvres toujours plus nombreux. Après 35 ans de défaites successives, la destruction de milliers d’entreprises et de millions d’emplois, les travailleurs et travailleuses hésitent à se lancer parce qu’ils ressentent le niveau de combat nécessaire à une victoire. Mais il n’y a pas d’autre chemin. Il est évident que seule une grève générale reconductible pourrait renverser la vapeur. Et si le dire ne suffit pas à la construire, le taire serait mentir. Les syndicats devraient tenir un langage sans équivoque pour préparer les esprits aux sacrifices qu’impose un véritable affrontement. Pas de victoire sans souffrances : c’est dur mais c’est la réalité de la lutte des classes.

L’exemple de la SNCF


Il revient naturellement aux salarié.es concerné.es de déterminer leur mode d’action. Et nous ne chercherons pas à faire la leçon aux camarades qui totalisent courageusement plus d’un mois de grève ce printemps. Néanmoins, nous qui avons toujours mis en cause le calendrier de grève en pointillé, nous posons la question : quitte à perdre un mois de salaire, n’aurait-il pas été plus efficace de se lancer dans une grève reconductible ? Une toute autre dynamique, en interne comme pour les autres secteurs professionnels, était possible. La direction (et les usager.es) souffrent certes mais finalement se sont adapté.es. Le calendrier prévu sur trois mois a de plus vidé d’intérêt les AG où les cheminot.es se font rares puisqu’il n’y a rien à débattre sur les suites de l’action. De toute évidence même à la SNCF il n’y aura pas de succès sans une paralysie prolongée de l’entreprise.

Rendez-vous au Medef !


Chaque année, fin août, le Medef tient son Université d’été dans les Yvelines. Chaque année un petit rassemblement s’y tient. Pour une bonne rentrée sociale, pour que la peur change de camp vraiment, bloquons les patrons et ministres qui prépareront là leurs prochaines attaques contre les travailleurs et les travailleuses.

Alternative Libertaire, 28 juin 2018

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire