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vendredi 31 mars 2017

Antifascisme

Y’en a marre des attaques fascistes

et de la répression policière  

Grand repas de quartier et Assemblée Populaire


Dimanche 2 avril 2017

A partir de 12h à La Plaine 
Place Jean Jaurès, Marseille



Grand repas de quartier et assemblée populaire dimanche 2 avril à 12h à la Plaine. Y’en a marre des attaques fascistes et de la répression policière des lieux associatifs et militants du quartier ! Retrouvons-nous pour échanger et s’organiser !

Cette dernière semaine a été marquée par plusieurs événements :

- la tentative de meurtre dont a été victime un militant antifasciste du quartier. Tentative de meurtre qui vient à la suite de la campagne menée par le groupe d’extrême-droite Action Française depuis leur installation rue Navarrin il y a trois ans dans le quartier.

- des coups de pression répétés de la police contre plusieurs lieux associatifs : l’Équitable café, Dar Lamifa, Manifesten... Et c’est la même police qui dès le lendemain de la tentative de meurtre est venue protéger les locaux de l’Action Française.

Tout ceci dans le contexte de la mascarade électorale que l’on connaît, et de la rénovation urbaine qui se fait toujours contre les habitant-e-s...

Retrouvons nous pour se rencontrer lors d’un repas de quartier, et échanger lors d’une assemblée.

Rendez-vous le dimanche 2 avril à 12h pour le repas et à 15h pour l’assemblée.

Auberge espagnole : ramène de quoi partager, et si tu veux être sûr-e de t’asseoir, ramène ta chaise.

La Plaine solidaire !

jeudi 23 mars 2017

Antifascisme

Communiqué afin de clarifier les faits d’agression d’un des nôtres



Suite aux demandes, nous avons décidé collectivement de communiquer afin de clarifier les faits d’agression d’un des nôtres. 

Les faits ont eu lieu dans la nuit du lundi 20 au mardi 21. Notre camarade était attendu dans son bâtiment par deux individus. Ceux-ci se sont ensuite introduits chez lui et l’ont attaqué avec un couteau, et ce qui semble être une matraque. Le camarade s’est vu asséner cinq coups de couteau, dont deux tranchants et trois plantés. Il a également reçu une dizaine de coups de matraque.

Notre camarade est malgré tout en relative bonne santé et garde le moral. Nous vous remercions tous et toutes pour vos messages de soutien.

Pendant l’agression, il a été traité de « sale rouge », ce qui laisse peu de doutes quant à la motivation politique de l’acte. 

D’ailleurs, plusieurs sites, blogs et forum d’extrême-droite publient des articles et/ou des vidéos en ciblant particulièrement H. Sa photo accompagnée de son adresse ainsi que son lieu de travail y sont mis à disposition, agrémentés d’encouragements à passer à l’action. Lundi soir la ligne a été franchie.
Nous ferons toujours face à l’extrême-droite.

Ces méthodes d’intimidation abjectes ne nous décourageront pas. Bien au contraire. Plus que jamais nous sommes déterminé-es dans la lutte contre l’extrême-droite et ses idées et pour la justice sociale.
 
À ceux et celles qui nous soutiennent et partagent nos valeurs, nous vous donnons rendez-vous le 19 avril pour manifester contre le meeting du Front national à Marseille.
 
Marseille est et restera antifasciste, multiculturelle et populaire.

lundi 20 mars 2017

Répression

Mouvement contre la Loi Travail 2016, des camarades font toujours face à la répression 

Rassemblement en solidarité et pour soutenir notre camarade !

 

Mercredi 22 mars 2017

8h30  au TGI,
6 rue Émile Pollack, Marseille 6°

 


Mouvement contre la Loi Travail 2016,
Des camarades font toujours face à la répression,
Ne les oublions pas !

Soyons solidaires et toujours présent-es à leurs côtés !

Un de nos camarade est convoqué le mercredi 22 mars 2017 pour son audience au tribunal avec comme accusations : « dégradation et détérioration de biens publics » et « outrage sur personne dépositaire de l’ordre public » lors de la journée de grève et mobilisation du 17 mars 2016 contre la loi Travail.

Nous vous invitons donc toutes et tous à relayer cet appel et d'être présent en solidarité !

RASSEMBLEMENT Mercredi 22 mars 2017 à partir de 8H30
Devant le Tribunal de Grande Instance de Marseille
6, Rue Émile Pollack


Lire l'appel sur le site de la CNT 13
 

mercredi 1 mars 2017

Histoire

Mémoire des luttes : 

Femmes libres contre machisme libertaire



Organisation féministe fondée un peu avant la guerre d’Espagne, les Mujeres Libres ont contribué au combat libertaire, mais aussi mis en avant la lutte pour la place des femmes dans la société et dans le monde militant. Un combat encore actuel.


Des Mujeres Libres, on sait souvent certaines choses. Que cette organisation qui revendiquait dans son nom même la liberté des femmes exista dans un contexte révolutionnaire et de guerre civile, en Espagne, ­entre 1936 et 1939. Qu’elle était autogestionnaire et fédéraliste. Que ses militantes furent nombreuses (20 000 en juillet 1937). Qu’elles s’adressaient à la classe ouvrière et en étaient souvent issues. Qu’elles s’exprimaient sur des sujets aussi divers que les conditions de travail et les salaires, la grossesse, le plaisir féminin, la structure familiale. ­Qu’elles refusèrent de s’allier avec les féministes communistes, mais ne trouvait que peu d’appui également chez les libertaires. Qu’elles considérèrent ­l’éducation des femmes comme un outil indispensable de leur émancipation. Qu’ainsi, elles assurèrent des formations techniques, générales et militantes pour les femmes. Surtout, ­qu’elles avaient la volonté d’articuler classe et genre pour ­contrer les féministes bourgeoises de ­l’époque.

On sait parfois aussi, mais pas toujours, que c’est en premier lieu face à leur organisation libertaire, la CNT, qu’elles se dressèrent. En particulier, c’est à cause des pratiques de certains militants qu’elles voulurent créer cet espace militant réservé aux femmes (on dirait aujourd’hui non mixte).

La CNT prônait l’égalité des sexes et de nombreuses femmes s’y syndiquaient. Certaines y avaient même des responsabilités. Les idées de Proudhon, qui voulait laisser les femmes à la cuisine, étaient rejetées. Mais l’écart entre la théorie et les pratiques des militants était trop important.

Compagne laissée à son rôle traditionnel


Ainsi, une militante, Pepita Carpena, rapporte : « Il y avait alors beaucoup de machisme chez les hommes en général. Les copains de la CNT, eux, acceptaient volontiers qu’une femme vienne au syndicat. (…) Le problème des féministes de la CNT s’est posé au contact du militantisme : elles se sont aperçues que ces hommes qui étaient libertaires l’étaient un peu moins quand ils étaient dans leur foyer. Ils ne le faisaient pas exprès. Ils avaient été élevés comme ça et n’en avaient pas conscience. » D’après ce témoignage, il s’agissait moins d’un problème d’intégration au milieu militant que du rapport que les militants entretenaient avec les femmes de leur entourage.

La différence exercée entre la militante volontiers acceptée et la compagne laissée à son rôle traditionnel est explicitée dans ce témoignage : « Les copains étaient très contents d’avoir une compagne qui les comprenne, eux, en tant que militants, mais pas qu’elle soit militante. Ils pensaient toujours que les femmes n’en étaient pas capables, sauf quelques-unes. (…) Les hommes pensaient qu’elles ne comprenaient rien aux problèmes économiques et sociaux. La plupart, d’ailleurs, n’avaient pas de compagnes militantes. Ceux qui avaient des femmes militantes… eh bien, elles étaient là pour recevoir tous les copains qui arrivaient, faire la bouffe, faire les hôtesses. » 



Ce fossé nie l’existence d’une cause commune à toutes les femmes ouvrières, militantes ou non : la nécessité d’une double émancipation. La résistance de beaucoup de militants aux pratiques féministes, malgré un discours progressiste (surtout par rapport au contexte) peut être expliquée de deux manières. Certains militants restaient enfermés dans une vision traditionnelle de la famille dans laquelle l’homme travaillait et la femme s’occupait du foyer, quand d’autres s’attachaient à l’idée selon laquelle ce que l’on nomme aujourd’hui patriarcat [1] disparaîtrait avec le capitalisme.

Lucia Sanchez-Saornil [2] , future cofondatrice de Mujeres Libres, combattit ces deux conceptions. Militante de la CNT depuis le début des années 1920, elle publia en 1935 plusieurs articles dénommés « La question des femmes dans nos milieux » dans le journal Solidaridad Obrera, qu’il faut relire aujourd’hui. En réponse à son camarade Mariano Vazquez qui avait écrit sur « la question féminine », elle note : « L’anarchiste (…) qui demande à sa femme sa collaboration pour la tâche de subversion sociale doit commencer par reconnaître en elle son égale, avec toutes les prérogatives de l’individualité. » 

Il n’est ainsi pas question d’attendre la fin du capitalisme pour accorder les mêmes droits aux femmes : elle doit pouvoir les prendre dès à présent. En fait, alors que certains militants souhaitaient que les femmes rejoignent leur lutte afin d’augmenter la force de l’organisation, c’est d’abord l’éducation des femmes que demande Lucia Sanchez-Saornil. Elle continue ainsi : « Je me suis proposée d’ouvrir pour la femme les perspectives de notre révolution, en lui offrant les éléments pour qu’elle se forme une mentalité libre, capable de discerner par elle-même le faux du vrai, le politique du social. Car je crois qu’avant de l’organiser dans les syndicats – sans pour autant que je dédaigne ce travail – il est plus urgent de la mettre en condition de comprendre la nécessité de cette organisation. » 

Un groupe exclusivement féminin


 Ce débat était difficile car les résistances étaient bien présentes, mais il ne faut pas négliger également le fait que beaucoup de militants considéraient simplement ces questions comme secondaires. C’est peut-être finalement pour cette raison que Sanchez-Saornil conclut sa série d’articles par l’annonce de la création d’un « organe indépendant ». Les Mujeres Libres se sont donc constituées en groupe exclusivement féminin non seulement pour pouvoir construire une réflexion spécifique à ce que l’on appelait « condition féminine » et réaliser un véritable travail d’éducation des femmes, mais aussi parce que les questions féministes n’avaient pas d’espace d’expression suffisant pour permettre de les poser de manière urgente dans le milieu libertaire.

Les Mujeres Libres avaient ainsi exposé cette idée fondamentale qui veut que, comme on ne peut pas construire une société libertaire au sein d’une organisation autoritaire, on ne peut construire une société où l’égalité des sexes serait la norme au sein d’une organisation machiste.

Lucia Sanchez Saornil exprimait dès 1935 la responsabilité des militants face au sexisme : « Hors de nos milieux (…), il est très compréhensible, très excusable et même si l’on veut très humain que, tout comme le bourgeois défend sa position et son privilège de commandement, l’homme désire conserver son hégémonie et se sente satisfait d’avoir un esclave. Mais moi (…), je parlais pour les anarchistes exclusivement, pour l’homme conscient, pour celui qui, ennemi de toutes les tyrannies, est obligé, s’il veut être conséquent, d’extirper de lui, dès qu’il le sent poindre, tout reste de despotisme. »

Adèle (AL Montreuil)

[1] Le patriarcat est le système d’exploitation des femmes.
[2] Les citations de Lucia Sanchez-Saornil ont été recueillies grâce à l’ouvrage de Guillaume Goutte, Lucia Sanchez-Saornil – Poétesse, anarchiste et féministe.

Alternative Libertaire n°268, janvier 2017