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mardi 31 mai 2016

Mobilisation

Journée de grève et de manifestation

contre la loi travail


Jeudi 2 Juin 2016

10 h30 Vieux Port Marseille



Histoire

Présentation du livre de Simone Weil :

"Grèves et joie pure"

avec Charles Jacquier

 

Mercredi 1er juin 2016
19h Librairie Transit
45 bd de la Libération, Marseille 1°
 
En mai-juin 1936, une vague de grèves spontanées éclate en France, juste après la victoire électorale du Front populaire. Elle atteint son apogée le 11 juin avec près de deux millions de grévistes dans la plupart des secteurs de l’industrie, mais aussi dans les bureaux et les grands magasins. La revue syndicaliste La Révolution prolétarienne publie alors, sous pseudonyme, un article devenu célèbre de Simone Weil qui donne tout à la fois une description accablante de la condition ouvrière dans la métallurgie – le secteur le plus en pointe dans le conflit – et un éclairage inégalé sur la nature et le climat de ces grèves en soulignant leur caractère inédit : les occupations d’usines.

 
Dans les semaines qui suivent, Simone Weil continue à commenter l’actualité sociale, en pointant, dès le mois de juillet, le rôle du gouvernement dans le recul des grèves et en proposant une revendication pérenne pour s’y opposer : le contrôle ouvrier.
 
En reprenant trois articles rédigés in situ, il s’agit non seulement de mettre en avant la lucidité et le génie d’une philosophe qui n’hésita pas à se faire ouvrière pour comprendre, de l’intérieur, une condition sur laquelle intellectuels et révolutionnaires dissertent sans la vivre, mais de rappeler que la grandeur et l’importance des combats ouvriers résident avant tout dans l’invention de nouveaux moyens de lutte pour combattre l’aliénation et l’exploitation.

Décédée à 34 ans, Simone Weil (1909-1943) n’a publié aucun livre de son vivant, mais laisse une œuvre considérable qui compte 17 volumes. Malgré une courte existence, elle fut tour à tour enseignante en philosophie, syndicaliste révolutionnaire, ouvrière d’usine, engagée aux côtés des anarchistes en Espagne, résistante durant la Seconde Guerre mondiale, mystique et chrétienne sans église… Plusieurs de ses écrits, comme Réflexions sur les causes de la liberté et de l’oppression sociale ouL’Enracinement, sont des classiques indispensables pour comprendre un capitalisme en crise et penser une civilisation nouvelle.

Simone Weil, Grèves et joie pure, préface Charles Jacquier, Libertalia, mai 2016
Librairie Transit, 45 bd de la Libération, 13001 Marseille

jeudi 19 mai 2016

Syndicalisme

Hôtellerie : Guerre de classes au palace



À Marseille, treize femmes de chambre d’un hôtel de luxe ont mené une lutte victorieuse pour des droits qu’au même moment, la loi travail veut remettre en cause pour tous les salarié-e-s.

Nous sommes le mercredi 23 mars 2016, les treize femmes de chambre de l’hôtel Villa Massalia, hôtel grand luxe du groupe Golden Tulip, entrent en grève pour réclamer des conditions de travail décentes. Ces femmes, salariées du groupe STN, sous-traitant reconnu et installé sur l’ensemble du territoire, font face à trois monstres à abattre : la convention minimaliste du secteur du nettoyage, la sous-traitance et le temps partiel subi.

Trois domaines où la loi travail n’est pas un sombre nuage à l’horizon, mais une réalité quotidienne. Il suffit, pour s’en convaincre, de mettre en parallèle leurs revendications avec les articles présents dans la loi, nous aurons tôt fait de comprendre que ces femmes se sont battues localement, dans leur entreprise, contre ce que serait demain le monde du travail dans son ensemble si la loi travail venait à être votée.

Alors que la loi travail veut établir la modulation du temps de travail sur trois ans, elles ont obtenu, par la lutte, l’arrêt de l’annualisation du temps de travail et le paiement des heures supplémentaires non payées depuis octobre.

Là où la loi précise que les horaires pourront être modifiés trois jours à l’avance pour les temps partiels, elles ont obtenu le respect des sept jours de prévenance pour la remise du planning hebdomadaire. Lorsque la loi travail rogne les heures de repos obligatoires, elles obtiennent que la pause quotidienne, de vingt minutes, soit intégrée dans le temps de travail.

Réveil des clients au doux bruit de casseroles


Elles ont également obtenu l’augmentation des qualifications dans la grille de salaire de la convention du nettoyage et une prime de panier réévaluée au niveau de celle de leurs collègues salarié-e-s de l’hôtel.

Ces femmes ont, par leur courage et détermination, fait reculer les directions de deux groupes d’importance, Golden Tulip et STN. Elles montrent la voie à l’ensemble des salarié-e-s des secteurs du nettoyage et, plus largement, à l’ensemble de la classe ouvrière. Pour atteindre ce résultat, elles se sont organisées, ont créé leur syndicat et, avec l’appui des camarades plus expérimenté-e-s, ont organisé des actions fortes et symboliques.

Les dirigeants de ces boîtes ne comprenant qu’une langue, celle de l’argent, elles ont choisi de s’attaquer directement au portefeuille de l’hôtel. Ainsi, puisque leurs horaires de travail ne leur étaient fournis qu’au dernier moment, elles ont décidé d’appliquer le même traitement en choisissant elles-mêmes l’heure du réveil des clients fortunés de l’hôtel. Comment ? En organisant chaque matin, pendant les 13 jours de grève, un réveil des clients au doux bruit de casseroles, de musique, et de slogans lancés sous les fenêtres des chambres de l’établissement. Ces treize femmes de chambre, avec le soutien de leur syndicat CNT-SO, de camarades, mais aussi de voisins, ont fait plier les directions des groupes. Elles ont, par leur lutte, fait progresser les conditions de travail de l’ensemble des salarié-e-s du secteur du nettoyage.

José-Angel (AL Marseille)

Alternative Libertaire n°261, mai 2016 

lundi 16 mai 2016

Mobilisation

Stop à la division : 

on se ressaisit, et on repart de l’avant



A Paris, Marseille ou Lille, les manifestations ont été le théâtre d’affrontements entre le SO de la CGT et une partie des manifestant.e.s. Il est urgent que le mouvement se ressoude face au gouvernement et à la répression policière.

Les manifestations contre la loi « travail » du 12 mai ont été le lieu d’affrontements internes dans plusieurs villes, notamment Paris, Marseille et Lille. Les faits, ville par ville, répondent à des logiques différentes, et Alternative libertaire n’a pas à arbitrer sur les responsabilités des uns et des autres.

Une chose est sûre : la confrontation entre les services d’ordre syndicaux et celles et ceux qui sont désigné.e.s par les médias bourgeois comme des « casseurs » est déplorable. Et ce, bien au-delà des conséquences physiques qu’elle peut avoir sur les personnes. Jusqu’ici en effet, le mouvement était relativement soudé face à une répression policière brutale et aveugle, et refusait la distinction entre les bon.ne.s et mauvais.es manifestant.e.s.

Le gouvernement était légitimement inquiet que le mouvement social reprenne du poil de la bête, vu la colère suscitée par le 49.3. Pour lui, cette zizanie parmi les manifestant.e.s est une excellente affaire.

Rôle de la communication policière


Il faut souligner à quel point, à Paris, les services de la préfecture de police ont encouragé ces affrontements en publiant, la veille de la manif, un communiqué laissant supposer une active collaboration des principales organisations syndicales avec les forces policières. Un communiqué mensonger, qui a exaspéré aussi bien à la CGT qu’à Solidaires.

Le problème est que trop de gens sont prêts à prendre les allégations policières pour argent comptant. Aussi bien à la direction de certaines organisation syndicales que la préfecture affole en leur glissant que des « anarchistes casseurs incontrôlables » vont attaquer la manifestation, que du côté des manifestant.e.s qui, sur la foi du communiqué de la préfecture, sont prêts à croire que les syndicats sont devenus des supplétifs de la police !

D’où une hostilité latente, parfois lourde de conséquences, comme le 12 mai.

La semaine à venir s’annonce décisive. Il faut se ressaisir, refuser la logique de l’escalade des représailles entre les différentes sensibilités d’un même mouvement social. Il serait irresponsable que ces scènes se reproduisent. Ne nous trompons pas d’ennemis : contre le gouvernement, les flics et le patronat, ce qui va être déterminant, c’est de continuer à construire les grèves et actions de la semaine à venir.

Grèves, blocages, sabotages, c’est comme cela que nous gagnerons contre ce projet de loi et le monde qui l’accompagne !

Alternative libertaire, le 13 mai 2016

mardi 10 mai 2016

Mobilisation

Manifestation contre la loi Travail


Jeudi 12 mai 2016
11h 30 place Charles de Gaulle, en bas de la Canebière



lundi 9 mai 2016

Liberté de circulation

Appel à soutien financier d’Al Manba



Depuis l’été dernier, le collectif Al Manba s’organise sur Marseille contre la répression de l’État sur les personnes qui migrent en Europe en passant par la France. Cette répression se concrétise par exemple dans le renforcement de la fermeture de la frontière franco-italienne à Vintimille, ou encore le blocage des voies de Calais vers l’Angleterre ; mais c’est aussi les éternelles galères du quotidien pour les personnes faisant le choix de rester en France – que ce soit au niveau des papiers, du logement, de la thune, de l’accès à un grand nombre de chose dont l’état fait en sorte qu’il en soit lui-même le détenteur quasi exclusif.

Cette organisation prend plusieurs formes et se structure au sein d’assemblées générales hebdomadaires ouvertes à tout le monde, les mardi à 19h, ainsi que dans des commissions qui en sont issues et les activités qui en découlent (hébergement temporaire et aide pour l’habitation permanente, manifestation, accompagnement juridique [dans le cadre d’autoformation mais avec des recours à des avocats si nécessaire], antirépression, aide à l’accès aux soins, zone de gratuité, récolte et redistribution de thunes, production de textes, cours de français, cuisine pour des cantines collectives, actions, lien avec d’autres collectifs dans d’autres villes pour accompagner les déplacements et suivre les démarches...).

Nous avons toujours besoin de monde au collectif mais aussi d’argent pour financer tout cela. D’autant plus qu’une mutuelle a été créée en direction des personnes du collectif, ou en lien avec lui, qui ont décidé de rester sur Marseille et qui n’ont accès à aucune sorte de revenus (notamment de l’État en attendant une demande d’asile). Il s’agit de 30% de tous les apports d’argent qui est redistribué au début de chaque mois. Et il faut alimenter cette mutuelle.

La lutte contre la répression est aussi un aspect qui demande un soutien financier, que ce soit autour de procès contre des personnes rendues illégales par l’État (cf De la jungle de Calais à la prison de Luynes : Liberté pour Mohamed !), ou que ce soit autour de procès "plus classiques" (cf Que vive le Manba !).

Ce sont les campagnes politiques qui sont évidemment ciblées par cette répression :
– Lutte aux côtés de déplacés de Calais dans les "centres d’accueil et d’orientation" dans la région, véritables lieux de tri avant les expulsions, au mépris des promesses faites aux gens qui migrent et veulent demander l’asile en France.
– Lutte contre les réadmissions dites "Dublin" dans les pays où nos ami-es ont souvent dû déposer leurs empreintes digitales sous la contrainte, voire la torture.
– Lutte contre les centres de rétention et les expulsions directes, ainsi que contre les systèmes concentrationnaires de type "Hot Spot" aux frontières de l’Europe.
– Campagne internationale contre les accords de déportation de personnes migrantes vers la Turquie fasciste d’Erdogan.
– Solidarité avec les personnes qui migrent bloquées à Vintimille.

S’il s’agit d’un don spécifique contre la répression judiciaire, il faut le spécifier avec le code suivant : "antirépression". Les 30% pour la mutuelle ne seront alors pas prélevés dessus ; d’autant plus que sur ce sujet nous sommes solidaires avec la répression en général et il est possible que de l’argent soit reversé à d’autres caisses antirépression sur Marseille (que ce soit sur les histoires du carnaval ou encore sur celles des manifestations menées lors du mouvement social actuel).

Pour faire un don au collectif, il y a plusieurs possibilités :

– organiser des temps de soutien (bouffe, concert, projection, présentation du collectif, péage gratuit...)

– poser une caisse dans vos lieux de passages

– se mettre en lien direct avec le collectif ou sa commission thune (07-58-71-23-41)

– faire un virement : IBAN : FR76 1027 8089 7100 0207 5940 107
[Code banque 10278] [Code guichet 08971] [Numéro compte 00020759401] [Clé RIB 07]

– envoyer un chèque à l’ordre de l’association "Al Manba" à l’adresse suivante :
Al Manba
c/o Mille Bâbords
61, rue Consolat
13001 Marseille

Collectif Al Manba (ancien collectif "soutien migrants 13")
collectifsoutienmigrantes13@riseup.net

mardi 3 mai 2016

Presse

AL de mai est en kiosque !



Edito : Le pouvoir en question


Pleins feux : Mouvement social
- En mai, accélérer pour faire tomber la loi
- Saint-Denis debout, convergence au service de l’action
- Pour gagner, tout bloquer

Luttes
- Guerre de classes au palace
- Pour que vive le progrès social !

Social
- Take Eat Easy, la livraison uberisée
- De l’auto-entreprenariat à l’abolition du salariat
- Notre-Dame-des-Landes :Référendum ou pas, non c’est non !
- Pas de trêve pour les victimes de la rue

Grenoble 
- Le « rouge-vert » institutionnel : une alternative ?
- Interview du journal Le Postillon : « Il y a beaucoup à dénoncer sur la mairie actuelle »
- Dans les cités, rien n’a changé
- La corruption du pouvoir en action

International
- Colonies : Les aides sociales, armes de destruction massive
- Mayotte (colonie française) : « Un climat de blocage et de ras-le-bol »
- Belgique : Après les attentats, la répression d’État
- Grèce : Les anarchistes contre les mafias

Écologie
- L’économie circulaire lave plus vert

Antipatriarcat
- Stérilisation volontaire : C’est aux femmes de décider !

Culture
- Recueil : L’An 2016 du collectif Groupe surréaliste de Paris
- Roman : Le Bateau-usine de Kobayashi Takiji
- Monographie : Agit tracts. Un siècle d’actions politiques et militaires de Zvonimir Novak
- Essai : Colère nucléaire. L’après-catastrophe de Takashi Imashuro

Histoire
- Il y a 130 ans : L’affaire du Haymarket Square et nous

Alternative Libertaire n°261, mai 2016
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